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    En réponse à:
    Bary-ténor bassisant

    En réponse au message :
    Bary-ténor bassisant

    Bonjour à toutes et à tous et surtout à Jean-Marc

    Beaucoup de chanteurs errent d’une tessiture à l’autre et ne savent plus où ils en sont. Certains arrivent, cependant après une longue quête à apporter une réponse pérenne à leurs interrogations.

    D’abord je parlerai de mon expérience vécue (un peu comme Jean-Marc), puis j’en tirerai quelques conclusions pour autrui en général et Jean-Marc en particulier.

    Je me flatte d’avoir pu donner quelques conseils à des amis sur leurs moyens vocaux, qui d’après leurs dires leur ont été profitables.

    1) mon expérience : mes 2 mues

    Tout petit déjà, j’étais qualifié de "soprano" : une voix percante à vous vriller les tympans. J’avais déjà été détecté à l’église pour ma voix très juste et très "présente". A vrai dire, je ne faisais pas bien la différence entre chanter et parler. Rétrospectivement je devais être constamment dans le registre de sifflet. J’aimais imiter Pamina de la Flûte Enchantée. Mais la Reine de la Nuit c’était trop haut, même en poussant au bout ma voix de sifflet.

    Brutalement, chute du paradis : vers 10/11 ans je perd une octave. C’est une voix de contralto parfaitement gynoïde très ronde. Souvent mes camarades à la même hauteur sont en voix de poitrine. Mais pour moi, je ne sais pas dans mon corps ce que c’est que poitriner. J’ai souvent imité Tamino en voix de tête à la même hauteur.

    Vers 14/15 ans, repatatras : encore une octave de chute. C’est une voix complètement rugueuse, manquant complètement de souplesse. A la chorale du lycée on m’affecte illico dans le pupitre des basses et je découvre la mystérieuse clef de fa. Rétrospectivement cela me fait l’effet d’un albatros qui est incapable de déployer ses ailes. Cependant à l’époque, Sarastro m’a paru facile à chanter (pas de vrai grave et pas d’aigus) et j’octaviais souvent Tamino.

    2) mon expérience : la culture vocale

    A la chorale universitaire on m’a affecté dans le pupitre des basses II. Quelques compliments et sollicitations de la part de mes consoeurs (altos), m’ont décidé à m’inscrire en classe de chant du CNR.

    Au concours d’entrée, le directeur du conservatoire m’a qualifié de "magnifique voix de baryton Verdi"... Regard oblique du prof de chant (sous-entendu : il n’y comprend rien ce directeur, de toutes façons il va partir à la retraite...). Avec ce prof : travail de dégrossissage. Je suis sorti du CNR avec une voix moins "brute de décoffrage". Ce prof avait bien senti mes potentialités.

    Service militaire : impossible de passer inaperçu... Elève chant du bataillon, puis officier chant du Régiment...

    De retour à la vie civile, une prof de chant me fait travailler des airs de basse chantante. Rétrospectivement, franchement trop aigu pour moi : malgré une excellente couverture j’ai fini par ressentir des piqûres au niveau du larynx. Pour tenir le choc des aigus, la couleur de ma voix est devenue très sombre. Peut-être trop ?

    Elle a aussi commencé à prendre une certaine épaisseur, à tel point que j’ai cru un moment donné être baryton-basse !!!

    Croyance de courte durée : un ami, basse noble au timbre magnifique (plus que le mien à l’époque : il avait 30 ans de plus que moi...), me confiait ses difficultés à sortir des fa1 et mi1 honorables, alors qu’il avait constaté que chez moi c’était presque une simple formalité.

    3) mon expérience : la jachère vocale et le come-back

    J’ai arrêté toute activité vocale pendant 5 ans au moins ; le temps de convoler avec la femme de ma vie : les chanteuses sont trop fréquemment exagérément narcissiques (invivables, à moins d’avoir un tempéramment particulièrement soumis...).

    Au retour, j’avais moins les abdos en tablettes de chocolat, donc moins de crispation. De plus, c’est un peu comme la bicyclette : on garde les bonnes notions, on perd les mauvaises habitudes. L’énergie circulait beaucoup mieux. Ma voix est devenue plus qualitative : timbre plus riche, ampleur, etc...

    Le grave a fait spontanément son apparition en dessous du ré1, jusqu’au fa0 ; sans perte du haut-médium et de l’aigu de mon registre (ré/re#3), voire un haut-médium beaucoup plus solide.

    Elle a acquis une sorte de 3ème dimension, de la profondeur me dit-on souvent. Mes ailes se sont développées entièrement et je plane avec une certaine aisance. La Nature a repris ses droits...

    Cependant, en soliste, il faut que je me limite à l’ambitus ré1 - ré3. Dur d’accepter d’être basse profonde, alors qu’on s’est essayé, pendant des années, de vous faire chanter des airs de basse chantante et de baryton-basse ! D’autant plus que la littérature musicale est peu fournie en basses vraiment graves.

    4) mon expérience : moralité

    Depuis, je regarde à la loupe les airs écrits pour "basse" et je décide si ça convient à ma voix, ou si ça convient plutôt à une basse chantante ou un baryton grave.

    On peut en conclure qu’un morceau écrit de façon standard : "bass solo", "baritone", "tenore", ne veut strictement rien dire. Pour chaque catégorie standard, il peut y avoir des écritures très différentes qui viennent à la rencontre d’un continuum de tessiture réelles (propres à tel ou tel chanteur) très diverses ; à moins que ce ne soit l’inverse...

    5) les voix intermédiaires : Jean qui rit, Jean qui pleure

    Les baryton-basses sont de grands veinards : ils ont à leur disposition une grande littérature musicale qui leur est spécifiquement dédiée tant à l’opéra qu’à l’oratorio.

    Ils piquent même des rôles aux basses chantantes, mais leur fa grave (fa1) est souvent problématique... Et un baryton-basse qui sort un fa grave en nuance mezzo-forte, face au public, en toutes circonstances, n’est pas un baryton-basse, mais une authentique basse chantante. Les basses chantantes, elles, leur rendent la monnaie de la pièce, à mon avis en mieux : une basse chantante qui arrive à soutenir la tessiture de Boris, ça a plus de "gueule" que le 1° baryton venu...

    Les baryténors : alors ceux-là ils n’ont pas de pot ! Il ont même droit à toute ma compassion : pas grand-chose d’écrit pour eux (même problématique pour les voix intermédiaires entre le mezzo-soprano et le soprano).

    Ces sujets sont classés ténors par les uns, barytons par les autres, et évoluent sans fin d’un professeur à l’autre.

    Ces voix ne peuvent soutenir la tessiture de ténor grave sans fatigue (Samson, Siegmund...). En revanche eslles sont impuissantes à chanter les rôles de barytons aigus écrits par Verdi ou Rossini (le Comte, Figaro, le Barbier de Séville).

    Le pire à mon avis est de naviguer entre les 2 tessitures : fatigue garantie, nodules au rendez-vous...

    Certains rôles de baryton d’opérette peuvent leur convenir (Les cloches de Corneville, Le pays du sourire...). Le concert permet de transposer d’un ton en + ou en - en fonction des besoins du chanteur et surtout des capacités du pianiste et de son bon vouloir.

    Malheureusement, par expérience personnelle, beaucoup de pianistes sont des "bastringueurs" et rechignent à transposer. Un bon pianiste, qui a du goût, avec qui on peut discuter, qui peut nous donner quelques conseils, est une perle très rare...

    Bon, je suis fatigué, je vais mettre mon bonnet de nuit et plonger dans mon lit avec délectation...

    Je continuerai quand je trouverai le temps...

    Salut !

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